samedi, 03 juin 2006

Le Frêne YGGDRASIL

Yggdrasil est l'arbre cosmique, le pilier de l'univers.

Selon les légendes scandinaves : "Ses énormes branches soutenaient les Neuf Mondes Scandinaves avec sous son pont Bifrost, les trois royaumes des Dieux et des Elfes, les Mondes des Humains, des Nains et des Alfes Noirs surgissant de l'Océan le bordant avec sur la rive le monde des Géants. Et sous les eaux sombres s'étendent les royaumes de Hel, du Froid et du Feu où les plus basses racines d'Yggdrasil luttaient contre le mal. Les trois temps, le passé, le présent et l'avenir sont à ses pieds. Ils "tracent" les runes et arrosent le frêne avec l'eau de "la fontaine sacrée", pour qu'il reste toujours vert. Sur la plus haute branche d'Yggdrasil est perché un aigle qui surveille Nidhögg, le serpent, lové dans les racines de l'arbre et qui le ronge. Un écureuil agile monte et descend, exitant l'aigle et le serpent pour les dresser l'un contre l'autre."


Selon d'autres croyances : "Au temps jadis, bien avant que l'homme n'apparaisse sur la terre, un arbre géant s'élevait jusqu'aux cieux. Axe de l'univers, il traversait les trois mondes. Ses racines s'enfonçaient jusqu'aux souterrains abîmes, ses branches atteignaient l'empyrée. Les eaux puisées dans le sol devenaient sa sève ; des rayons de soleil naissaient ses feuilles, ses fleurs et ses fruits. Par lui, descendait le feu du ciel ; sa cime, rassemblant les nuages, faisait tomber les pluies fécondantes. Vertical, l'arbre assurait la liaison entre l'univers ouranien et les gouffres chtoniens. En lui, le cosmos perpétuellement se régénérait. Source de toute vie, l'arbre abritait et nourrissait des milliers d'êtres. Entre ses racines rampaient des serpents, les oiseaux se posaient sur ses branches. Les dieux eux-mêmes faisaient de lui leur séjour."

Cet Arbre cosmique, on le retrouve dans presque toutes les traditions, d'un bout à l'autre de la planète, et l'on peut supposer qu'il existait partout, même là où son image s'est effacée.

Chtonien : qui appartient au monde souterrain
Ouranien : qui appartient au ciel

Complainte pour un Ami

C'était il y a de ça… je ne sais plus combien de temps, quand pour la première fois j'ai levé les yeux vers toi. J'ai pensé : "Mon Dieu, comme il est grand…" mais l'étais-tu vraiment ? Les souvenirs sont trompeurs, surtout ceux du cœur…

Je me souviens du jour où, à la fin de l'été, j'ai quitté la route droite pour suivre un autre chemin et c'est près de toi que je me suis arrêtée, après avoir longtemps hésité. Pourquoi toi plutôt qu'un autre ? Je ne le saurai jamais…

Tu n'étais pas "remarquable" mais tu étais là, tout simplement… Je suis revenue souvent, m'asseoir à tes pieds pour goûter encore et encore, à ces moments de calme et de sérénité, des moments rien que pour nous, loin du bruit et du stress du quotidien. C'était un peu comme faire l'école buissonnière puis, tout doucement, je suis tombée sous ton charme. Assise à tes pieds, j'avais l'impression d'être à l'abri de tout et je repartais, plus forte et plus sereine. Parfois, je m'appuyais contre toi, comme une élève studieuse, le nez plongé dans un livre… parfois, comme le cancre de la classe, j'écoutais siffler les oiseaux et je regardais passer les nuages… jusqu'au jour où, poussée par je ne sais quoi, je t'ai pris dans mes bras. J'ai ressenti alors, au plus profond de moi, une énergie que je ne connaissais pas, une sensation de chaleur et de bien être dont je savais que je ne pourrais plus me passer !

Tu es devenu pour moi source de vie et, contre vents et marées, toujours vers toi je revenais… Tu es devenu mon ami, mon confident, il n'y a dans ma vie aucune joie, aucune peine que je ne t'aie confiée.

Hélas, la vie a décidé de nous séparer, le chemin en route s'est transformé et ne t'a pas épargné.

Savent-ils, ces gens là, que dans nos corps coulait un même sang, circulait la même énergie ? Savent-ils, ces gens là, que tu étais mon ami, que tu étais ma vie ?


Arbre, mon Arbre, qu'ont-ils donc fait de toi ?
Arbre, mon Ami, pourquoi n'es-tu plus là ?


Elfe des Forêts